6 % annualisés sur dix ans contre 3,5 % pour la moyenne du marché : certains fonds de fonds affichent des performances qui font tourner les têtes, mais la réalité derrière l’affiche ne se résume pas à un simple tableau de chiffres. Avec plus de 2 % de frais annuels parfois ponctionnés, la rentabilité nette fond comme neige au soleil. Surtout, l’écart de rendement entre deux stratégies ne se joue pas uniquement sur la qualité de sélection des fonds sous-jacents. Les apparences sont trompeuses.
Les gérants naviguent entre contraintes réglementaires et conjoncture mouvante. Les marges se tendent, la volatilité s’invite, et déjà, les projections pour 2026 intègrent la remontée des taux directeurs, des incertitudes macroéconomiques et la pression persistante sur la rentabilité des sociétés de gestion.
Fonds de fonds : comprendre leur fonctionnement et leur place dans l’assurance vie en 2026
Les fonds de fonds se sont taillé une place de choix parmi les solutions de diversification en assurance vie. Leur principe ? Regrouper, dans un même contrat, une sélection de supports variés :
- fonds euros
- unités de compte
- fonds private equity
- et fonds thématiques
Ce modèle, favorisé par les spécialistes de la gestion de patrimoine, s’appuie sur une sélection rigoureuse des gérants et une recherche permanente d’équilibres optimaux.
En 2026, les contrats assurance vie nouvelle génération intègrent de plus en plus ces fonds de fonds. Les épargnants, lassés par la baisse du rendement des fonds euros traditionnels, se tournent vers ces solutions pour préserver une certaine sécurité tout en profitant d’une exposition accrue à la performance. Désormais, les contrats proposent des compartiments hybrides, combinant fonds euros et unités à garantie partielle, et des investissements ciblés sur des actifs plus dynamiques. L’objectif : obtenir des avantages fiscaux, protéger le capital et viser un rendement supérieur à la moyenne des fonds en euros de ces dernières années.
Les caractéristiques principales se retrouvent dans les points suivants :
- Garantie capital : dépendante du pourcentage investi dans les fonds euros assurance et de la composition globale du fonds.
- Fiscalité assurance vie : reste compétitive, surtout au-delà de huit ans de détention.
- Gestion pilotée : adaptation en temps réel à l’évolution des marchés et à la volatilité ambiante.
Avec l’arrivée des fonds en euros nouvelle génération, les repères traditionnels volent en éclats. Certes, la garantie totale du capital n’est plus systématique, mais ces nouveaux supports misent sur une mutualisation accrue du risque et une participation plus directe à la croissance des marchés financiers. L’investisseur averti doit alors arbitrer en permanence entre la sécurité d’un capital garanti et la perspective d’un rendement supérieur.
Quels niveaux de rentabilité peut-on réellement attendre des fonds de fonds ?
Les performances s’analysent à la loupe. Le rendement des fonds de fonds, véritables couteaux suisses de l’investissement, dépend d’ajustements subtils. Entre la rémunération en berne des fonds euros et les espoirs placés dans le private equity, l’offre s’élargit mais la visibilité reste incertaine. En 2023, la moyenne des fonds euros rendement stagne autour de 2,5 %. Pour les fonds de fonds diversifiés qui intègrent des poches de SCPI, de fonds private equity ou d’actions, certains distributeurs avancent des rendements nets de 3 à 5 %, variables selon la composition du fonds et la conjoncture économique.
La notion de rendement réel positif se confronte à la volatilité des marchés. Les fonds en euros nouvelle génération, qui acceptent une part de risque perte capital, progressent mais ne promettent plus la même sécurité qu’auparavant. La hausse récente des taux d’intérêt redonne des couleurs à la composante obligataire, mais l’exposition au risque persiste. Les fonds de fonds les plus performants parviennent à dépasser la moyenne, sans gommer le risque de perte en capital.
Selon votre profil, voici ce à quoi vous pouvez vous attendre :
- Profil prudent : rendement proche de celui des fonds euro classiques, avec un niveau de risque maîtrisé.
- Investisseur dynamique : accès à des fonds hybrides plus sensibles aux marchés financiers, mais soumis à une volatilité plus marquée.
Au cœur du débat, le rapport rendement/risque s’impose. Les fonds de fonds ne fournissent aucune garantie uniforme, chaque millésime dépend du climat sur les taux et de la qualité de l’allocation. L’expérience montre que la diversité des sources de performance constitue leur force, à condition de rester vigilant et sélectif.
Comparaison avec les autres placements financiers : atouts et limites des fonds de fonds
À l’intersection de plusieurs modes de gestion, les fonds de fonds offrent un compromis singulier. Face à un compte à terme sécurisé mais plafonné par un taux modeste, ou à un livret dont le rendement s’effrite sous l’effet de l’inflation, ils proposent une gestion diversifiée et adaptable. On y retrouve des actifs variés :
- private equity
- SCPI
- fonds transition énergétique
- et parfois une dose de marchés financiers plus exposés à la volatilité
Dans l’assurance vie, cette souplesse prend tout son sens, surtout lorsque le contrat propose plusieurs compartiments spécialisés.
Le critère de liquidité mérite un examen attentif. Là où l’immobilier direct ou certains fonds structurés imposent des délais, un fonds de fonds logé dans une assurance vie offre la plupart du temps une sortie rapide, sous réserve des règles propres au contrat. L’ajout de supports non cotés comme le private equity ou l’immobilier peut néanmoins rallonger les procédures de rachat et ajouter un risque de valorisation.
Deux points clés ressortent :
- Point fort : diversification immédiate et mutualisation du risque entre plusieurs gérants.
- Limite : accumulation des frais de gestion, qui réduit d’autant le rendement net pour l’épargnant.
Le patrimoine bénéficie d’une protection partielle du capital, selon la composition des poches, mais la garantie n’est totale que dans le cadre des fonds euros. Par rapport à un PEA ou à un contrat d’assurance vie mono-support, la possibilité d’intégrer des thématiques telles que la transition énergétique ou la souveraineté économique apporte une réponse sur-mesure aux attentes des investisseurs avisés, sans pour autant égaler la sécurité d’un fonds garanti ni la dynamique d’un portefeuille actions pur.
Comment analyser les performances et choisir un fonds de fonds adapté à son profil d’investisseur ?
Le choix d’un fonds de fonds ne s’improvise pas. Il s’agit de confronter la promesse de rendement à sa propre tolérance au risque, à son horizon de placement et à la réalité de son profil investisseur. Les chiffres mis en avant par les distributeurs cachent souvent une volatilité plus forte, et l’impact réel des frais de gestion cumulés mérite d’être scruté avec attention.
Pour choisir judicieusement, voici les points à examiner :
- Comparer le rendement moyen sur trois à cinq ans, en tenant compte des cycles de marché.
- Analyser la structure de coûts : frais du fonds de fonds, mais aussi des supports sous-jacents, parfois peu lisibles.
- Vérifier la flexibilité du contrat d’assurance vie : possibilités d’arbitrage, accès à diverses classes d’actifs, fiscalité adaptée au projet.
La fiscalité attractive de l’assurance vie ne doit pas éclipser le risque de baisse partielle du capital, en particulier sur les fonds les plus innovants. L’essentiel reste de choisir une gestion cohérente avec son patrimoine, sans se laisser aveugler par les performances passées.
À l’heure où les lignes bougent et où la palette de produits s’enrichit, investir en fonds de fonds, c’est accepter de composer avec la nuance. Entre espoirs de rendement, arbitrages constants et vigilance sur les frais, la partition n’est jamais écrite d’avance, elle s’improvise à chaque mouvement de marché.


