Route la plus chère du monde : où la trouver et comment l’emprunter ?

2 milliards d’euros. Ce n’est pas le budget d’un film hollywoodien, ni même la cagnotte d’un loto international. Ce chiffre brut, c’est le prix payé pour une route, et pas n’importe laquelle : un ruban de bitume arraché à la roche et à l’océan, au bord de l’île de La Réunion. Une facture qui donne le vertige, des défis techniques à la hauteur de l’ambition, et un chantier devenu le théâtre d’une saga politique, économique et humaine.

La nouvelle route du littoral de La Réunion, c’est bien plus qu’un simple axe routier. Sur la côte nord-ouest, entre Saint-Denis et La Possession, l’ouvrage s’impose comme un projet titanesque, à la fois prouesse d’ingénierie et démonstration de force face à la nature. Ici, on ne parle pas d’une simple chaussée : plus de 12 kilomètres de viaducs et de digues, dressés entre la houle de l’océan Indien et les falaises de basalte. L’addition dépasse largement celle de n’importe quelle infrastructure routière française, et pour cause : chaque mètre a été conquis sur des éléments hostiles, chaque étape a exigé des solutions inédites pour pallier instabilité géologique et assauts répétés de la mer.

Le prix à payer ? Un chantier lancé en 2014, miné par des retards accumulés, des dépassements de budget et des obstacles inattendus. Sur place, les ouvriers ont dû composer avec l’érosion, la violence des tempêtes, le risque d’éboulement. La sécurité routière, longtemps menacée par la chute de blocs sur l’ancien tracé, a imposé une décision radicale : s’éloigner de la falaise, construire en pleine mer. Pari risqué, pari cher, mais pour les usagers, c’est un enjeu de vie.

Voyons de quels éléments se compose cette route d’exception :

  • Un viaduc de 5,4 km, installé sur 48 piles, littéralement plantées dans l’océan
  • Des digues massives, conçues pour encaisser les coups de boutoir de la houle
  • Un chantier qui a mobilisé au plus fort plus de 4 000 personnes, ingénieurs et ouvriers confondus

Pour l’instant, la circulation reste partielle. Les automobilistes peuvent emprunter la portion entre Saint-Denis et La Grande Chaloupe, mais toujours sous conditions, au rythme des avancées du chantier et des impératifs de sécurité. La date d’ouverture définitive ? Toujours en suspens, au gré des aléas techniques et des décisions politiques. Cet ouvrage colossal, surveillé de près, incarne désormais le dilemme réunionnais : comment moderniser l’île sans renier la préservation de ses paysages ni compromettre l’équilibre de son écosystème ?

Pourquoi la route la plus chère du monde suscite autant d’attention ?

Impossible de passer à côté : la nouvelle route littoral, surnommée la route la plus chère du monde, fascine autant qu’elle divise. Reliant Saint-Denis à La Possession, elle cristallise tout ce que l’aménagement du territoire comporte de choix lourds : argent public, impact écologique, arbitrages politiques et impatience des usagers.

Plus de 2 milliards d’euros engagés, un chiffre qui fait réagir bien au-delà de La Réunion. Les dépassements de budget, les retards successifs, chaque épisode alimente l’actualité et nourrit la controverse. Ce projet n’est plus seulement une prouesse technique : il devient le miroir grossissant des débats sur la gestion des fonds publics, le contrôle des grands chantiers et la transparence des institutions. On scrute chaque décision, chaque appel d’offres, chaque arbitrage.

Mais l’enjeu est aussi quotidien. Ces travaux, qui semblent ne jamais finir, pèsent sur la mobilité et la vie de tous les jours pour des milliers d’habitants. Sur l’île, on attend la fin du chantier comme on attend une délivrance : moins d’incertitude, plus de fluidité, la promesse d’un littoral enfin sécurisé. Ce projet engage l’avenir : celui des déplacements, de la sécurité, mais aussi des équilibres locaux.

Voici ce qui fait de cette route un sujet brûlant :

  • Un des axes les plus surveillés de France, où chaque incident fait la une
  • Des décisions financières et environnementales suivies de près, jusque dans les moindres détails
  • Un chantier qui rythme l’actualité réunionnaise, entre espoirs et polémiques

La route la plus chère du monde n’est plus seulement une infrastructure. C’est un symbole, une ligne de partage. À travers elle, se lisent les ambitions, les tensions et les contradictions d’un territoire insulaire, face au défi de conjuguer développement et préservation.

Entre prouesse technique et défis environnementaux, une réalisation controversée

La nouvelle route littoral à La Réunion repousse les frontières de l’ingénierie. Relier Saint-Denis à La Possession, ce n’est pas seulement tirer une ligne droite ; c’est dompter la géographie, défier les éléments. Aux commandes, le Conseil régional, maître d’ouvrage, épaulé par de grands groupes comme Bouygues, a orchestré un chantier à la hauteur des records annoncés : près de 12 kilomètres de tablier, dont un viaduc maritime de plus de cinq kilomètres. Une infrastructure qui fascine, mais qui ne laisse personne indifférent.

Les moyens engagés sont considérables : plus de deux milliards d’euros, du jamais vu à cette échelle pour une route. Les défis s’accumulent : faire tenir des piles dans l’océan, encaisser la violence des vagues, sécuriser les abords de la falaise. Derrière la prouesse, une part d’ombre demeure. Les fonds marins, la faune littorale, les écosystèmes côtiers : tous ont été impactés. Les associations environnementales dénoncent des atteintes durables à la biodiversité, des dommages parfois irréversibles.

Le débat reste vif. D’un côté, la nécessité d’assurer la sécurité des usagers, longtemps exposés à des risques majeurs ; de l’autre, la question du modèle de développement : faut-il sacrifier des milieux naturels pour répondre à l’urgence ? Huguette Bello, aujourd’hui présidente de la région, navigue entre une opinion publique divisée, des élus sous tension et des procédures judiciaires autour des marchés du chantier. L’ouvrage avance, mais la société réunionnaise s’interroge toujours : peut-on tout justifier au nom de la technique ?

Jeune femme regardant la route en montagne lors d’un arrêt

Ce que la NRL change concrètement pour les habitants et le territoire

La nouvelle route littoral, ce n’est pas qu’un exploit technique : c’est un changement radical pour la vie des Réunionnais. Entre Saint-Denis et La Possession, la route autrefois synonyme de bouchons, de glissements de terrain et d’angoisse face à la météo, laisse place à un axe où la circulation gagne en régularité. Fini l’incertitude permanente, la peur des éboulements ; la mobilité sur l’île prend une nouvelle dimension.

Pour les habitants de l’ouest, l’accès à Saint-Denis et à La Possession s’accélère. Les travailleurs, étudiants, familles voient leur quotidien transformé : moins de temps perdu dans les files, plus de sérénité, une meilleure accessibilité à l’ensemble des services de la capitale régionale. Ce projet, malgré ses polémiques, ouvre de vraies opportunités pour la cohésion du territoire.

L’impact économique est bien réel. Le chantier de la NRL a généré des milliers d’emplois, directs et indirects, durant des années. Les entreprises locales ont été sollicitées pour la logistique, la fourniture de matériaux, le transport ; un coup de pouce bienvenu pour le tissu économique réunionnais.

Voici les principaux effets concrets de cette nouvelle infrastructure :

  • Un bond en sécurité sur un axe vital, enfin protégé des éboulements
  • Une meilleure connexion qui limite l’isolement des habitants de l’ouest
  • Un soutien durable à l’emploi et à l’activité des PME locales

Mais ce progrès n’efface pas toutes les interrogations. L’impact environnemental, le poids de l’investissement pour les finances publiques, la question de l’entretien à long terme d’un tel ouvrage : autant de sujets qui continuent d’agiter l’île. La NRL est devenue un repère, celui d’une Réunion qui avance, mais qui n’a pas fini de débattre sur la voie à suivre. Ce chantier, visible depuis la côte comme depuis les débats, trace une ligne de partage entre passé, présent et futur pour tout un territoire.